Le Var figure parmi les départements français les plus touchés par les chenilles processionnaires. Territoire d’implantation historique de l’espèce, il subit chaque année une pression importante, avec une saison de risque plus longue et plus dense qu’ailleurs. Dès janvier 2025, les cocons blancs caractéristiques étaient déjà bien visibles dans plusieurs communes varoises, et la Préfecture du Var a officiellement qualifié la processionnaire d’espèce exotique envahissante dans ses recommandations sanitaires.
Un risque sanitaire à prendre au sérieux, pour les humains comme pour les animaux
Les poils microscopiques des chenilles processionnaires contiennent une toxine urticante et allergisante. Transportés par le vent, ils provoquent des irritations cutanées et oculaires parfois sévères. Le mécanisme est traître : se gratter aggrave la libération de la toxine. L’ARS PACA recommande notamment d’éviter de fréquenter les zones de pins infestés, de ne jamais balayer une procession au sol et de ne pas étendre le linge à l’extérieur près des pins par grand vent. En cas de contact, une douche tiède et un lavage des vêtements à plus de 60°C sont préconisés.
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Les animaux de compagnie sont aussi exposés. Un chien ou un chat qui renifle ou lèche une chenille peut développer en quelques minutes un gonflement de la langue, une hypersalivation intense, voire dans les cas graves une nécrose empêchant toute alimentation. Appel immédiat au vétérinaire, lavage à grande eau sans frotter, et protection de soi lors de la manipulation de l’animal : voilà les réflexes à avoir.
Comprendre le cycle pour agir au bon moment
Le calendrier d’intervention varie selon l’espèce concernée. Pour la processionnaire du pin, la période la plus sensible s’étend de l’automne jusqu’au début du printemps : les chenilles hivernent dans leur nid soyeux, puis descendent en procession au sol en fin d’hiver pour s’enfouir et se transformer en chrysalides. Ces chrysalides peuvent rester en diapause souterraine plusieurs saisons, ce qui explique des réapparitions même après traitement.
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La processionnaire du chêne, elle, ne forme pas de processions visibles au sol, ce qui la rend plus insidieuse. Son activité urticante se concentre entre mai et juillet, quand les poils microscopiques se dispersent dans l’air et sur les sols sous les frondaisons.
Plusieurs méthodes existent selon la saison. Le traitement biologique au Bacillus thuringiensis (Btk) est efficace entre début septembre et mi-octobre, sur les stades larvaires précoces, de préférence le soir pour limiter la dégradation UV. Les pièges à collier se posent idéalement en novembre-décembre pour capturer les chenilles lors de leur descente. L’échenillage mécanique reste une option curative, mais il requiert un équipement complet (masque intégral, combinaison jetable, gants étanches) en raison du risque de dispersion massive de poils. Pour ceux qui souhaitent une approche plus douce sur le long terme, l’installation de nichoirs à mésanges charbonnières ou à huppes fasciées constitue un complément préventif naturel, ces oiseaux étant de grands consommateurs de processionnaires.
Faire appel à un professionnel : une nécessité légale autant que pratique
Depuis le 25 avril 2022, les chenilles processionnaires sont officiellement classées nuisibles pour la santé humaine par décret. Les propriétaires ont donc l’obligation légale de gérer les infestations sur leur terrain, sous peine de sanctions financières dans les communes disposant d’un arrêté municipal ou préfectoral spécifique. Le décret de 1987 sur les baux locatifs précise par ailleurs que les frais d’échenillage incombent en principe au locataire.
La Préfecture du Var recommande elle-même aux particuliers de s’adresser à leur mairie pour être orientés vers des professionnels. Pour une intervention dans le département, la page dédiée au traitement chenilles processionnaires dans le Var d’Univers Nuisibles présente les options disponibles pour les communes varoises, avec devis gratuit et intervention rapide sous 24 à 48h.
Signaler une infestation contribue aussi à alerter les autorités locales : l’application gratuite « Signalement Chenilles Processionnaires » (disponible sur atlasante.fr) permet de géolocaliser les découvertes, de préciser l’espèce d’arbre concernée et d’estimer la densité de présence, sans nécessiter de compte.
Face à un nuisible aussi répandu dans le Var, la combinaison d’une bonne connaissance du calendrier, d’une vigilance accrue autour des animaux et des enfants, et d’un recours rapide à des professionnels certifiés reste la stratégie la plus efficace.

